Le Blog des Socialistes Bryards
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Lettre de démission de Johan ANKRI du poste de Premier secrétaire de section

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Mes chers amis,

C’est le cœur serré mais l’esprit décidé que je vous annonce ma décision de quitter mon poste de Premier secrétaire de la section du Parti socialiste de Bry-sur-Marne.

Il y a tout juste dix ans, j’adhérais au Parti socialiste avec le besoin sinon le désir farouche d’apporter ma modeste contribution au combat de celles et ceux qui œuvraient au retour de la Gauche au pouvoir.

Depuis lors, je n’ai eu de cesse, comme simple militant puis conseiller municipal et Premier secrétaire de section, de me battre pour porter haut et fort les valeurs de liberté, d’égalité, de justice et de progrès social auxquelles je crois tant. J’ai consacré des milliers d’heures à animer notre section, parfois même à la porter à bout de bras, avec le souci permanent d’y faire vivre le débat, d’y accueillir de nouveaux adhérents et de permettre à chaque militant de s’y sentir à sa juste place. Je me suis investi sans faillir, y compris dans les périodes difficiles, pour mener, à chaque nouvelle élection, de belles campagnes de terrain.

Ces huit années à la tête de notre section m’ont énormément apporté et appris. Bien sûr, elles m’ont permis d’acquérir des compétences et des connaissances qui me seront utiles tout au long de ma vie. Mais surtout, chaque échange, chaque réunion de section, chaque action de terrain à vos côtés a été pour moi source d’enrichissement et d’épanouissement. Je n’oublierai jamais ces formidables rencontres et ces indéfectibles amitiés qui contribuent à faire de moi celui que je suis aujourd’hui.

Aussi ma démission, mûrement réfléchie, n’en demeure-t-elle pas moins une décision que je prends avec peine et regret, et dont je veux vous présenter les raisons.

Ces raisons, également d’ordre personnel (mes nouvelles fonctions professionnelles ne me laissant plus suffisamment de temps pour mener de front l’ensemble des mes activités militantes), sont avant tout d’ordre politique.

En 2012, nous nous réjouissions de l’accession, à laquelle nous avions grandement participé, de François Hollande et de la Gauche au pouvoir, portés par l’immense espoir d’une France fracassée par cinq années de sarkozysme.

Mais, depuis bientôt quatre ans, force m’est de constater qu’en dépit de réalisations incontestables à mettre au crédit de François Hollande, à l’international comme en politique intérieure, les renoncements se multiplient et les désillusions s’accumulent.

Pas frondeur pour un sou, je me suis d’abord accommodé de la ligne sociale-libérale du Gouvernement, trop favorable aux entreprises, et de l’absence de résultats tangibles, me convainquant que les réalités économiques ne leur laissaient d’autre option.

A l’abandon d’engagements aussi symboliques et importants que la réorientation de la politique économique européenne, le droit de vote des étrangers, les réformes de la fiscalité et de la justice des mineurs ou encore la transition écologique, j’ai opposé les difficultés en tous genres qui empêchent de réformer la France en profondeur.

J’ai fait fi de mes déceptions lorsque les lois sur la réforme pénale, la fin de vie, la séparation des activités bancaires ou encore le non-cumul des mandats ont été vidées de leurs mesures les plus ambitieuses ou en ont repoussé l’entrée en vigueur. J’ai détourné le regard lorsque Manuel Valls, Emmanuel Macron et François Rebsamen tenaient des déclarations tonitruantes sur les 35 heures, les fonctionnaires et les chômeurs.

Mais, alors que le président de la République et le Premier ministre ont souhaité la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les crimes et les délits d’atteinte grave à la vie de la Nation, mesure portée depuis toujours par la droite-extrême et l’extrême-droite, j’ai su que je ne pouvais accepter de défendre un reniement aussi fondamental des valeurs en lesquelles je crois. Cette entorse symbolique aux principes qui définissent ce que sont le Parti socialiste et la Gauche a résonné en moi comme un déclic. S’agissant d’un sujet aussi grave, je ne peux faire semblant.

Bien entendu, je ne suis pas opposé à cette mesure, dont je suis convaincu de l’inefficacité, par égard pour les terroristes qui me répugnent au plus haut point. Mais elle stigmatise les Français binationaux et se révèle être un outil potentiellement dangereux. Comment expliquer à nos enfants et nos petits-enfants que c’est la Gauche qui, soumise à la tyrannie de l’immédiateté et au diktat de l’opinion, a proposé d’instiller ce poison dans notre droit ?

Une simple loi portant modification de l’article 25 du Code civil aurait suffi à faire cohabiter l’indispensable lutte contre le fléau terroriste et la tout aussi nécessaire préservation des valeurs héritées de la Révolution française. De même, comment pourrais-je continuer à apporter mon soutien au premier gouvernement prétendument de gauche en passe de renoncer, par la loi Travail, à toutes les grandes conquêtes sociales pour lesquelles le Parti socialiste a combattu et contribué à arracher de haute lutte ?

Au-delà de ces divergences, je m’interroge. Que restera-t-il de ce quinquennat sinon le mariage pour tous et la déchéance de nationalité ? Quelle trace aurons-nous laissée en matière d’émancipation individuelle, de solidarité et de fraternité ? Quelle redistribution des richesses et quelles avancées sociales aurons-nous bâties ? Quels droits nouveaux et quel élargissement des libertés aurons-nous permis ? Quels outils de lutte contre l’injustice et de préservation écologique laisserons-nous aux générations futures ?

Je crains hélas qu’à moins d’un changement d’ampleur d’ici la prochaine élection présidentielle, nous aurons géré le pays plutôt que nous ne l’aurons transformé. N’est-ce pas pourtant pour cela que nous sommes foncièrement de Gauche ?

« Parfois résister c’est rester. Parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit ». Je fais miens les mots récents d’une grande Dame républicaine. A

lors, plutôt que de me maintenir au poste que j’occupe depuis huit ans, continuer à animer notre section sans que le cœur n’y soit plus et conduire sans grande conviction la prochaine campagne des élections présidentielles et législatives, je préfère faire le choix de la cohérence et céder la place à une personne qui mettra son talent et sa motivation au service de notre section et du maintien de la Gauche au pouvoir.

Pour autant, parce que je ne peux me résoudre à perdre l’espoir en la politique comme vecteur de transformation de la société et parce que j’ai la conviction absolue qu’il n’existe pas, à gauche, d’alternative au Parti socialiste, je choisis d’en rester membre et de me battre, en son sein, pour l’organisation d’une Primaire et pour l’émergence d’une autre voie que celle, libérosécuritaire, sur laquelle Manuel Valls nous a engagés.

Je continuerai à défendre avec ardeur et passion, dans notre section et au Conseil municipal, les valeurs pour lesquelles je me suis engagé au Parti socialiste ainsi que leur concrétisation, à Bry et ailleurs.

Je quitte mon poste de responsable de section avec tristesse et émotion mais aussi avec la fierté du travail accompli. En huit ans, notre section a connu de profondes évolutions. Des réformes structurelles ont été engagées en vue d’accroître son efficacité, professionnaliser son fonctionnement et renforcer la transparence de ses pratiques. J’ai développé un partenariat privilégié avec la section du Perreux et me suis efforcé d’impulser un important travail de réflexion sur l’actualité nationale et locale. J’ai œuvré pour inscrire le Parti socialiste dans la vie locale et en faire un acteur identifié de la population bryarde.

Je veux rendre un hommage appuyé à Philippe Genest qui m’a honoré de sa confiance et laissé les clefs de la section en 2008. Je veux également remercier, du fond du cœur, l’équipe de militants et d’élus qui m’ont accompagné depuis lors : Josyne, Christian, Eric, Mathieu, Hakim, François, Jill, Philippe, Monique, Thierry et tous les autres.

J’adresse tous mes vœux de succès à celui ou celle qui me succédera. Qu’il sache d’ores et déjà que, de la place qui sera désormais la mienne, je me tiendrai à ses côtés pour l’aider à réussir dans l’accomplissement de sa mission, préserver ce que nous avons construit et amplifier le travail engagé au niveau de la section.

Je resterai en poste jusqu’à l’élection de mon successeur. J’espère sincèrement que vous comprendrez ma décision et que je laisserai, dans vos esprits et vos cœurs, le souvenir positif d’un Premier secrétaire de section dont le triple mandat aura été efficace et utile.

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